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"J'ajouterai seulement, pour refroidir tant soit peu votre bel enthousiasme, que nos grands journaux ne sont pas faits pour instruire le peuple par la libre discussion des questions politiques, scientifiques, sociales ou autres, en un mot de tout ce qui peut éclairer les masses ignorantes et crédules. Qu'est-ce que ça peut faire aux actionnaires du Populiste et à ceux dont ils ont l'appui intéressé, que le public s'instruise, que la société s'améliore par la science et la raison? Ce sont leurs intérêts qu'ils ont sans cesse en vue. Le journal ne critique que ce qui peut être nuisible au parti qu'il défend ou aux recettes qu'il encaisse. Quant à la louange, elle se vend à tant la la ligne pour les obscurs, pour les annonceurs; tandis que les puissants du jour paient en faveurs et protections, les pouvoirs tyranniques, en intimidations et menaces. Et du directeur jusqu'au dernier des reporters, le rouage fonctionne sous la même impulsion. Moi, je suis la grande roue et rien de plus. Mon talent, j'en fais un bel usage: je couvre de fleurs de rhétorique le premier idiot à qui il est utile de faire la cour; je défends, avec une égale souplesse, les bonnes et les mauvaises causes. Je suis dans la forme, le fond m'est étranger."
Confirmation d’Oriane (crayon de couleur carmin) : je ne peux que confirmer ce que dit cet Arsène Bessette car, m’étant occupée de la communication dans le parti fondé pour mon époux, j’ai vécu de près le fonctionnement des médias. J’utiliserai donc ce passage pour le mettre dans la bouche de Balpe, journaliste à La République de…, que Charlus achètera avant que notre petit groupe passe à l’action.
Note du copiste : Je n’ai pu trouver trace de l’ouvrage cité par Oriane et me demande parfois si elle n’invente pas ses références ce qui serait ajouter un niveau de plus à ses mises en abymes.
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